C'est quoi un vigneron indépendant ?
C’est une personne qui fait tout lui-même, de la vigne à la mise en bouteille, c’est un artisan du vin qui maîtrise toute la chaîne de production et vend son propre vin, sans passer par une coopérative ou un négoce.
Rien n’est plus beau que de « bichonner » ses vignes, son terroir, de vinifier le fruit de son travail en essayant de maîtriser l’alchimie du vin et de pouvoir ensuite vous proposer de petites madeleines de Proust !
Concrètement il :
- travaille ses propres vignes
- vendange son raisin
- vinifie et élève son vin
- met en bouteille lui-même
- commercialise sous son propre nom, par exemple Domaine Sibille, vigneron indépendant
- et il fait aussi toute la paperasserie...
C’est quoi un œnologue ?
Œnologue : qui parle le langage du vin
Ces ont 5 ans d’étude pour comprendre tout de la conduite de la vigne et surtout du processus de vinification.
Pierre est œnologue et a travaillé durant plus de 25 ans en Alsace. Fort de son expérience, il a revisité les cépages languedociens à sa manière, en écoutant les terroirs et en accompagnant ses cuvées durant la lente alchimie de la vie du vin. Comprendre une parcelle, un vin, peut prendre du temps voire des années. La cuvée Marselan en est le parfait exemple, effronté et parfois imprévisible.
C'est quoi un vin bio ?
Avant tout c’est une histoire de conviction et de bien-être, la bonne question serait plutôt, pourquoi rester en conventionnel ?
Être en bio c’est observer, anticiper, prendre soin de son environnement, ne pas compter ses heures et avoir un bon kiné !
C’est respecter le strict cahier des charges de l’agriculture biologique avec des audits annuels.
La biodiversité se ressent sur une parcelle bio, on ne désherbe pas les bords de parcelles, les haies, chênes verts et oliviers bordent nos parcelles, le thym et les plantes méditerranéennes sont omniprésentes.
A la vigne, travailler en Bio c'est ne pas utiliser de produits de synthèse ou chimique, pas d’engrais chimique, beaucoup de travail mécanique et de travail manuel.
On n’utilise que des produits de contact qui ne pénètrent pas la plante et qui ne se retrouvent donc pas dans la sève puis dans le vin, ce sont des produits lessivables par la pluie. Soufre et cuivre essentiellement, extraits d’agrumes.
En conventionnel des produits pénétrants sont utilisés, ils protègent mieux mais comme ils pénètrent la plante, vous les retrouvez à l’état de trace dans le raisin et donc dans votre verre.
En cave c’est une restriction très forte des intrants, réduction des sulfites, certaines pratiques sont interdites
La différence avec la biodynamie ? Le vin biodynamique va plus loin (principe de Rudolf Steiner) mais les risque de déviation du goût et des arômes peuvent survenir si c’est mal maîtrisé.
Quelle différence avec un vin nature, un vin sans soufre ? Dans ces cas, pas de sulfites, aucun intrant, et surtout pas de certification. Sachant que la forme naturelle du vin est le vinaigre, il faut stopper le processus à un moment donné. J'estime que 30% des vins natures peuvent présenter des défauts mais cela n’engage que moi bien sûr. Les vins peuvent se révéler instables en bouteille.
En bio on utilise aussi un peu de souffre pour stabiliser le vin afin de ne pas aller vers des vins instables et avec défaut. Les doses autorisées sont bien plus faibles qu’en conventionnel.
Tout est question de quantité. Depuis plus de 35 ans que Pierre vinifie, les doses de souffre ont été divisées par deux.
Le vin bio est’ il meilleur que le conventionnel ? Dans les concours ils sont statistiquement très légèrement mieux notés, mais ce n’est pas significatif.
Le vigneron est toujours engagé et est généralement passionné, en bio il n’y a pas de traces de produit phyto, les raisins ne sont pas de la même qualité qu’en conventionnel : déguster une tomate de votre jardin que vous avez « bichonnée » et comparez la avec une tomate de production intensive… Mais au final ce n’est pas le même prix non plus, il y a plus de travail, c’est un choix.